Sur un deplacement de valeurs: traire et tirer

  • André Burger

Abstract

L'étymologie de firer est inconnue. Celie que le regretté W. von Wart burg a ern pouvoir avancer est inacceptable: firer serait sorti de marty rier par la grâce d'une fausse coupure mar tirier. Il est plus qu'improbable que cette «étymologie populaire» eût pu se produire si la langue ne possédait pas au préalable un verbe tirier. Au surplus aucun fait n'appuie cette hypothèse. Le FEW, t. VI, 1, p. 396, donne bien pour firer le sens de «torturer sur un treteam>, au XIIIe siècle, et p. 403, «démembrer en faisant tirer les quatre membles par des chevaux» et «torturer (qn) en l'étendant sur un tréteau” au XIVe siècle; ces sens sont évidemment trop tardifs pour permettre des conclusions sur l'origine de firer, d'autant plus qu'ils s'expliquent sans peine par la valeur normale du mot, attesté dès la Chanson de Roland, sans aucun rapport avec martirie, mot savant de clerc, qui, dans le même texte s'applique deux fois sur quatre exemples aux Sarrasins, vv. 501 et 1467, où il ne signifie pas «martyre» mais <<massacre»; martirier n'apparait qu'a partir de Wace (FEW VI, 1, p. 397). Il faut dès lors aussi récuser l'idée de Wartburg, fondée sur son étymologie et non sur les textes, que tirer aurait à l'origine »einen starken affektiven unterton« (FEW XIII, 2, p. 185). L'étude des exemples de la Chanson de Roland, confrontés avec ceux de traire, nons amènera à une conclusion toute différente.

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Published
1972-12-01
How to Cite
Burger, A. (1972). Sur un deplacement de valeurs: traire et tirer. Linguistica, 12(1), 17-22. https://doi.org/10.4312/linguistica.12.1.17-22
Section
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